En venant habiter en Bretonnie, je savais bien la météo hivernale, et notamment les tempêtes ; je crois qu’au fond de moi, j’aime beaucoup quand la nature se fâche et que le spectacle est grandiose, j’ai réussi par le passé quelques photos d’éclairs dont je ne suis pas peu fier !

Cette année, pour notre arrivée, on est gâté ! Je passe sur la pluie abondante, largement plus que la normale pour la saison, paraît-il ! Côté zef, rien de plus habituel pour notre coin : des rafales jusqu’à 127 km/h ; on a vu pire !

Image ©Météo BZH
Image ©Météo BZH

On découvre le plaisir de se blottir confortablement près du poêle, un livre à la main, tandis que dehors le vent hurlant s’en donne à cœur joie. On apprend aussi les bruits de la maison, les lames des volets roulants qui claquent et surtout la charpente qui craque, vraiment, impressionnant des fois, mais bon, il apparaît que c’est naturel.

On a eu de la chance, il y a eu une accalmie pour le déchargement du déménagement, juste entre les deux tempêtes.

Ensuite, il y avait l’émerveillement devant les vagues déchaînées, splendides, que j’ai déjà eu l’occasion de partager avec vous.

Et puis viens le moment où la dépression s’éloigne. Le matin, dans votre lit, vous n’entendez plus le vent souffler. En ouvrant les volets, le ciel est bleu, sans un nuage. En jetant un regard aux infos, vous apprenez que pas très loin, à Redon, les gens sont évacués, les rivières ont débordé, la ville est sous l’eau.

À votre tour, vous sortez pour découvrir les dégâts, car, même si ce n’était pas la plus grosse tempête, elle a été costaude chez vous.

Le premier réflexe, un coup d’œil à votre toit. Tout est OK, les morceaux d’ardoises par terre ne viennent pas de chez vous, mais d’une vieille bâtisse pas vraiment entretenue, au bout de la rue, et dont les coups de vent précédent avaient déjà attaqué le sommet.

 

Vous repassez dans le coin de la soirée mousse, si c’est rigolo à voir, il faut bien avouer que, côté maison, ça salit pas mal, en plus, vu le côté corrosif, il va falloir  que les proprios nettoient vite !

Sur la promenade en bord de mer, vous vous souvenez que l’année dernière, certains commentaires acerbes ont été publiés sur la page de la ville concernant les arrêtés de la mairesse interdisant leurs accès par mauvais temps. Quelques abrutis se plaignaient qu’on leur volât leur liberté suprême d’aller se faire torgnoler par les éléments, qu’on les infantilisait, etc…

Donc, disais-je, je repensais à ces idiots, en regardant, les cailloux, voir parfois les pavés, que les vagues ont balancés au milieu de la chaussée ; au vu de la taille de certains morceaux, on a du mal à s’imaginer la force, la violence du moment !

Et peu plus loin, juste à côté de chez nous, le pauvre mur du fameux domaine des Goélands n’a pas résisté lui non plus,

pas plus que le chemin qui le longe…

Voilà, c’est le jour d’après du début de notre nouvelle vie, et ma foi, je sens que l’on ne va pas s’embêter !