Juste un signe...

Hier, quand le téléphone avait sonné, cela faisait bien longtemps qu’il n’y croyait plus. Deux ans déjà, 3 mois et 5 jours pour êtres précis, que la restructuration interne de sa société lui avaient rendu la liberté. Il a encore en tête l’image de ce jeune homme propre sur lui, au nœud de cravate parfait, et la tête plein de diplômes lui expliquant qu’il venait de passer dans le camp des inutiles: “L’informatique, vous comprenez, aujourd’hui 1 seule personne suffit à gérer les machines quand vous étiez 3 avant, quel progrès, vous ne trouvez pas ? Et puis un peu de repos ne vous fera pas de mal, avec le chèque que l’on va vous faire, et les Assedic, vous aurez le temps de voir venir.” Dix minutes pour solder 20 années de bons et loyaux services. Deux ans déjà qu’il avait franchis pour la dernière fois les portes de sa société. Deux ans de déprime, de dette, de recherche. Deux ans à s’entendre expliquer qu’à son âge…

Et puis ce coup de téléphone Hier, juste après le passage de l’huissier lui signifiant de payer ou de partir ; sourire compatissant en prime. Ce coup de téléphone lui demandant s’il pouvait se présenter à 14 heures 30 pour un entretien d’embauche. Non il avait dû rêver. Et il était là assis dans le métro, avec sa petite pochette cartonnée contenant tout ce qu’il fallait pour convaincre un employeur, mais qui depuis deux ans n’avait convaincu que lui. À quoi bon y aller, de toute façon il sera trop vieux, trop longtemps qu’il ne travaille plus. ” Désolé monsieur, mais je crains que vous ne soyez plus dans le coup “, lui avait répondu une petite blonde empestant le parfum de luxe. Non encore une fois ce serait inutile. Il avait envie de pleurer. Il n’y croyait plus. Il cherchait un signe du destin qui pourrait le contredire, mais rien. Rien que quelques touristes américains en goguette, qu’une grosse femme informe assit en face de lui, un gros sac plastique entre les jambes et quelques jeunes gens qui ont oublié qu’à cette heure ils devraient êtres à l’école.

Il descendit du wagon et se dirigea vers la sortie, il était 14 heures 15. La tête baissée par le poids de la honte qu’il s’infligeait, il cherchait encore un espoir pour se raccrocher.

Dehors l’orage était passé, et de gros nuage noir s’éloignait au-dessus de paris. Un rayon de soleil vint illuminer l’immeuble en face de lui, et l’arc-en-ciel se dessina peu à peu sur les toits de la ville. C’était décidé, il aurait ce boulot, il n’avait plus le choix !

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J’ai décidé de republier ici mes textes de l’ancien blogue pour pas qu’il se perde dans les limbes d’un vieux site archive…

Juste parce que je les aime bien ces textes-là…

Texte publié le 24/03/2006

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