Ce cher Guillaume...

Il est amusant de constater en lisant la définition de verge que si l’une d’elles est « synonyme de pénis », une autre dit que « la verge est une baguette fine, instrument de châtiment corporel » ; je dis ça, je ne dis rien…

 

Je passerais sur l’unité de longueur qui chez certains pourrait passer pour une vantardise mal placée…

 

Non, décidément, ce mot me fait penser au joli petit ouvrage de Guillaume Apollinaire, « Les onze mille verges » chefs-d’œuvre de la littérature érotique pornographique à lire de toute urgence pour se persuader que dans ce domaine aussi l’écriture même crue, peut être d’une élégance redoutable, à l’ère où le monde s’extasie devant là soient disant audace d’un « cinquante nuances de gris » !

 

Âmes sensibles, méfiance quand même, c’est du hard !

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4° de couverture :

 

Admirateur de Sade, Apollinaire a retenu les leçons du Marquis dont on sent ici la nette influence. “Les onze mille verges” sont celles auxquelles le prince Mony Vibescu se condamne s’il ne parvient pas à honorer vingt fois de suite la délicieuse Culculine. L’auteur d’Alcools s’amuse à faire passer son héros par tous les interdits sexuels : masochisme, scatophile, gérontophile, pédophilie, saphisme et vampirisme. Un précis de pornographie tempéré par l’utilisation du deuxième degré, qui rend le résultat moins vil que chez son maître d’écriture.

 

Citation :

 

«- Mademoiselle, je ne vous ai pas plutôt aperçu que, fou d’amour, j’ai senti mes organes génitaux se tendre vers votre beauté souveraine et je me suis trouvé plus échauffé que si j’avais bu un verre de raki.
- Chez qui ? Chez qui ?
- Je mets ma fortune et mon amour à vos pieds. Si je vous tenais dans un lit, vingt fois de suite je vous prouverais ma passion. Que les onze mille vierges ou même onze mille verges me châtient si je mens !
- Et comment !
- Mes sentiments ne sont pas mensongers. Je ne parle pas ainsi à toutes les femmes. Je ne suis pas un noceur.
- Et ta sœur !
Cette conversation s’échangeait sur le boulevard Malesherbes, un matin ensoleillé. Le mois de mai faisait renaître la nature et les pierrots parisiens piaillaient l’amour sur les arbres reverdis. »

 

 

« De même que les autres Roumains, le beau prince Vibescu songeait à Paris, la Ville lumière, où les femmes, toutes belles, ont toutes aussi la cuisse légère. Lorsqu’il était encore au collège de Bucarest, il lui suffisait de penser à une Parisienne, à la parisienne, pour bander et être obligé de se branler lentement, avec béatitude. Plus tard, il avait déchargé dans maints cons et culs de délicieuses Roumaines. Mais il le sentait bien, il lui fallait une Parisienne. »

 

« Elle se mit sur le dos et ramenant ses cuisses sur son ventre, les genoux pliés, elle ouvrit ses jambes comme un livre. »

 

« La bouche du prince recueillait en bas la liqueur amoureuse que distillait ce con boréal. »

 

« Mony Vibescu en la saisissant avait passé les mains sous son gros cul qui semblait un beau melon qui aurait poussé au soleil de minuit, tant il était blanc et plein. Chacune de ses fesses semblait avoir été taillée dans un bloc de carrare sans défaut et les cuisses qui descendaient en dessous étaient rondes comme les colonnes d’un temple grec. Mais quelle différence ! Les cuisses étaient tièdes et les fesses étaient froides, ce qui est un signe de bonne santé. La fessée les avait rendues un peu roses, si bien qu’on eût dit de ces fesses qu’elles étaient faites de crème mêlée de framboises. »

 

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Le mot du jour : Verge
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