lundi, 12 janvier 2026

Cyber futur (réédition)…

En relisant de vieux billets de mon premier blog, je suis retombé sur un, datant de 16 ans,  qui m’a bien fait rire, puisqu’il s’agissait d’une histoire se déroulant dans le futur, en 2026. Comment avais-je deviné qu’un certain Louis S. referait parler de lui ? Et puis, côté anticipation, j’ai l’impression que je ne me suis pas beaucoup trompé ; certains vont dire : « On y arrive, on y arrive ! »

Ce texte a été rédigé dans le cadre des « Diptyques », un jeu littéraire et photographique organisé par Akinou. Et il se trouve qu’Akinou, hasard du calendrier, justement, se remet à bloguer !

 

Le jeu consistait à écrire un texte sur une photo proposé à la sagacité de chacun.

Voici donc ce que j’avais pondu en ce 9 mai 2010

 

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Elle repose le journal sur le bureau. La photo, en une de couverture, comme pour me rappeler ce cauchemar. Le sourire ironique aux lèvres, elle hoche la tête de désolation en poussant un grand soupir. 

 

-Et si tu racontais ? 

Raconter quoi ? Comment un pauvre couillon passe en quelques heures de l’anonymat tranquille et simple, à la célébrité honteuse du paria de service ? Parce que des politiques en mal de reconnaissance ont encore inventé une nouvelle législation et qu’il fallait un cobaye. Pour une fois que je gagne un concours, il est de circonstance ! Pas de chance !

Il était environ six heures, hier matin, quand des coups à la porte m’ont réveillé. J’ai été ouvrir pour me retrouver nez à nez avec 7 policiers et un caméraman. Le plus galonné s’est présenté comme étant de la nouvelle brigade de criminalité numérique. Il m’annonça ma mise en garde à vue qu’il se proposait de changer tout de suite en examens si j’acceptais les faits qui me seraient reprochés dans quelques instants. Qu’il agissait en vertu du nouveau code de la justice égalitaire numérique et dans le cadre de la réforme Hadopi 25 de Louis Sarkozy dont les décrets avaient été promulgués hier ! Il me précisa même que si j’étais condamné avant ce soir, je bénéficierais d’une promotion intéressante de remise de peine. 

Je regardais ce type lire son discours sur le prompteur intégré à la caméra. Il me demanda s’ils pouvaient entrer. Soit…

Il commença à me préciser les faits qui m’étaient imputés, que ces faits avaient déjà été vérifiés par l’étude de 8 mois de mes logs ainsi que par le mouchard obligatoire installé sur tous les ordinateurs depuis dix ans. Il s’avéra que, bien qu’utilisant un logiciel destiné à rendre anonyme certaines de mes conections, ce qui représente un premier délit pour entrave au travail d’enquête de la police, et par là même, un risque d’atteinte à la sécurité du territoire. Que, malgré ce dispositif illégal, il a été établi que j’avais téléchargé de la musique et des films, en dehors de tout canal autorisé mettant de fait en périls, les artistes et le monde de la culture ! Le 12 janvier 2026, j’avais ainsi téléchargé 3 titres de Monsieur Claude François, le 13, un morceau d’une dénommée Sheila, suit une liste d’une trentaine de titres du même acabit illégalement acquis. L’on me reprochait également le téléchargement d’un vieux film, « Les tontons flingueurs ». 

Voilà, maintenant, j’avais le choix. Où je reconnaissais les faits et j’étais immédiatement mis en examens, puis jugé en direct via mon ordinateur en mode cyber justice. Soit, je refusais, mon matériel était saisi, j’étais emmené immédiatement et emprisonné en attendant un jugement qui aurait lieu le mois prochain. 

- Franchement, me dit le policier, à votre âge, 66 ans, à trois ans de la retraite, avec la promotion sur les peines en cas de jugement immédiat, je n’hésiterais pas ! Reconnaissez-vous les faits ?

- Oui, je murmurais…

- Avez-vous un logiciel de cyber défense ?

- Heu… Je dois avoir Eolas 2.5 fourni par mon assurance juridique professionnelle…

- Ah oui, mais non, il n’est plus compatible avec le nouveau cyber tribunal, un peu trop efficace… La nouvelle version Eolas 3.0 est en cours d’homologation, mais je pense que cela va prendre du temps, il n’est pas en adéquation avec les recommandations du ministère de la cyber justice. Je vais donc vous proposer un logiciel commis d’office.

On s’est installé autour de l’ordinateur. Il a tapé une adresse et le cyber tribunal s’est ouvert. Il a rentré un numéro d’affaires, quelques codes divers et variés, et m’a expliqué que cela ne prendrait que quelques minutes mon dossier étant déjà en mémoire. Un chiffre en haut indiquait le nombre d’internautes connectés. 353 264. 

- Joli score. Faut dire que vous allez être le premier condamné de cette nouvelle loi, me dit-il. Cliquez sur le bouton « défense commis d’office »…

Je m’exécutais et je vis défiler rapidement des listes de noms, puis il s’arrêta sur Colard 1.2

- Vous n’avez pas de chance ! C’est un vieux bousin qui bogue souvent, mais bon, c’est le hasard…

Je cliquais donc dessus, il me demanda de cocher « coupable » ou « non coupable ». Je choisis le premier. Ensuite, une fenêtre s’ouvrit où il m’était demandé d’expliquer sommairement les raisons de mon geste. J’écrivis donc que pour le départ à la retraite d’un collègue, nous recherchions des musiques de sa jeunesse, en 1970. Et que cette musique n’étant plus distribuée officiellement, je ne pensais pas enfreindre la loi. Il en allait de même pour le vieux film.

Je cliquais sur le bouton OK. Il se passa quelques longues secondes pendant lesquelles la machine donna l’impression d’êtres gelée, ce qui ne m’était plus arrivé depuis… Étonnant avec mes vingt processeurs de 698 gigas hertz ! 

- Je vous avais prévenus, il bogue, sourit le policier…

Au bout d’un moment donc, un dossier apparut avec un message : « Colard 1.2 possède votre défense dans ce dossier ». J’essayais en vain d’ouvrir le dossier !

- Oui, je sais, il bogue ! 

- Bon ben cliquez sur « commencer le procès », ici, en bas…

Je m’exécutais. Commença alors sur l’écran une bataille de flèche entre l’avatar de la justice et celui de Colard 1.2, des couleurs qui clignotaient, des chiffres qui défilaient, le tout sur la musique du Boléro de Ravel… Cela dura quelques minutes jusqu’à ce qu’un message m’annonçât que Colard 1.2 avait inopinément quitté le système !

Je regardais le policier en fronçant les sourcils, il haussa les épaules…

L’écran pris alors une couleur rouge, la musique d’« ainsi parlait Zarathoustra » retentit, et petit à petit apparus le mot « COUPABLE » clignotant et le message « veuillez patienter quelques instants pour le prononcé de la peine ».

J’attendis deux minutes puis le résultat tomba. J’étais condamné à 18,50 euros d’amendes avec sursis (conséquence de la promotion !) et à 8 heures de présentation pénale en place publique à exécuter dans la journée…

- Ah ben vous avez de la chance, si j’ose dire, commenta le policier, c’est la nouvelle peine imaginée par le président Jean Sarkozy. Ne vous inquiétez pas, vous serez protégé par une cage, et il est strictement interdit de vous jeter quoique ce soit, mes collègues veille au grain. N’oubliez pas de valider votre acceptation de la condamnation, et ce soir tout est fini. Si vous refusez…

Je cliquais sur « J’accepte ma légitime condamnation rendue au nom du peuple français ». 

Et c’est ainsi que j’ai pris cette photo, de tout le bon peuple voyeur, veule et lâche, venu voir la graine de racaille que je suis. Ma seule consolation, c’est que j’ai revendu très cher ce cliché ! 

Elle me regarda en souriant…

- Tu n’en rate pas une toi…

Je n’ai jamais su si elle parlait de mes conneries ou de ma photo ! J’ai bien ma petite idée, mais bon…

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Voici ma petite participation au cinquième diptyque d’Akinou

dimanche, 11 janvier 2026

Tempête…

Le calendrier de l’après d’Alana Semaine 2

 

Rivage

 

couplé avec

 

#PhotoJanuary2026

Un jour, une photo sur un sujet donné à 8h ICI

 

Le thème du jour 11 est : Élément

 

L’eau et le vent, quand les éléments se déchaînent sur notre rivage…

Coup de vent - St gué Jan 2025

Après la tempête - St guénolé Nov 2025

 

C’est soirée mousse…

02 du 52 de Virginie repris par Anne, saison 8

 

 

Nous voilà repartis pour une 8e saison des 52 de Anne.

Bien entendu, c’est ouvert à tous, alors n’hésitez pas à nous rejoindre !

 

Le thème de la semaine :

 

Savon…

 

Voilà un thème, véritable planche savonneuse casse-gueule, qui m’a donné du fil à retordre ! J’ai bien essayé de faire des images avec des savonnettes ; soyons clairs, la nature morte est un art que je ne maîtrise pas ! Je me suis dit : « et si je ressortais des images de manif, histoire de montrer des gens qui passent un savon au gouvernement » ; et puis, bof…

Alors je me suis dit : et si je leur proposais une soirée mousse ?

Soirée mousse - St Guénolé jan 25

Bon, OK, ce n’est pas vraiment du savon, mais plutôt de l’écume, mais en photo, ça fait la rue Michel[1], non ?

 

Note(s)

  1. ^ le compte y est ; ça suffit ; c’est assezOrigine et définition Cette expression familière, attestée au XIXe siècle, provient d’un jeu de mots digne de l’Almanach Vermot, basé sur la rue Michel-le-Comte, dans le quartier du Marais à Paris ().Cette expression est apparue après 1806, lorsque cette rue a ainsi été nommée.Elle serait venue des conducteurs de fiacre qui, une fois leur client déposé dans la rue (ou à proximité) et l’argent de la course reçu, leur signifiait ainsi avoir le montant nécessaire.Selon certains, elle aurait aussi pu être popularisée par les journalistes des nombreux quotidiens installés dans la rue Réaumur, située à quelques pas de la rue Michel-le-Comte.

samedi, 10 janvier 2026

Ego thérapie…

Le calendrier de l’après d’Alana Semaine 2

 

Perle

 

Selon l’Amoureuse et ses copines, je suis une perle comme mec !

Vous pensez bien que je ne vais pas dire le contraire !

Alors, juste je savoure !

Ça ne manque pas de soufflets…

#PhotoJanuary2026

Un jour, une photo sur un sujet donné à 8h ICI

 

Le thème du jour 10 est : Vintage

 

Une petite partie de ma collection !

Mes appareils photos

vendredi, 9 janvier 2026

Cyniquement votre…

Le calendrier de l’après d’Alana Semaine 2

 

Cynique

 

C’est marrant, tout de suite ce mot me fait penser à la politique ! Peut-être parce que l’on rentre en période électorale ? Va savoir…

 

Ah, la politique, cet art subtil de promettre l’impossible pour mieux justifier l’inaction, qui joue des espoirs comme un magicien joue de ses cartes.

 

Les discours enflammés vont se succéder, promettant justice sociale, transparence et renouveau de la France, tandis qu’en coulisses bruisseront des calculs mesquins et autre compromis honteux.

 

Il n’y a pas de raison que cela change, les lois se votent à la hâte, non pour leur pertinence, mais en fonction des faits divers ou de leur opportunité électorale ; mais les promesses de campagne n’engagent que ceux qui y croient[1] et s’évaporeront dès les premières réalités budgétaires ou législatives.

 

À l’international, le cynisme prend des allures de tragédie.

Les grandes puissances brandissent les droits de l’homme comme une arme, tandis que leurs intérêts économiques dictent leurs moralités.

Les guerres se déclenchent au nom de la démocratie, mais se prolongent pour le pétrole ou les minerais rares.

Les traités de paix s’écrivent, quand ils s’écrivent, à l’encre sympathique dans le sang des anonymes.

 

Le peuple, lui, reste spectateur, tantôt amusé, tantôt révolté, mais toujours impuissant face à ce grand guignolesque où le pouvoir se moque de ceux qui le lui a confié

 

Et pourtant, je continuerai à aller voter…

Note(s)

  1. ^ © Jacques Chirac

Senteur maritime...

#PhotoJanuary2026

Un jour, une photo sur un sujet donné à 8h ICI

 

Le thème du jour 9 est : Odorat

 

J’ai l’odorat assez développé, je sens facilement des odeurs avant les autres, ce qui est utile quand ce sont des odeurs de cramé ! Mais l’odeur que je préfère reste celle iodée de mon coin de paradis. J’entends d’ici les moqueurs ; eh non, nulle odeur de varech ou autre pourriture dans mon coin.

La mer qu'on voit danser - St Guénolé -Décembre 2025

C’est cette chose insaisissable qui, dès que je descends de la voiture le vendredi soir, remplit mes poumons et m’annonce : « Voilà, tu es chez toi ! »

 

jeudi, 8 janvier 2026

Ça souffle...

 

Dehors, le vent souffle fort, avec des rafales approchant les 120 km/h. La pluie cingle violemment les vitres ; dedans, il fait bon au coin du feu, j’écoute la maison craquer sous les coups de boutoir d’Éole. Sentiment de sécurité dans ce cocon qu’est notre maison. Le calme intérieur versus la violence de Goretti, première grosse tempête de la saison.

À l’abris de la tempête Goretti

 

C’est maintenant à notre tour de faire la une météo des chaînes d’info. Depuis trois jours, depuis la pointe occidentale de notre chère Bretonnie, nous avons observé le désordre national causé par une, plus ou moins, fine couche de neige. On oublie vite que l’hiver, il fait froid et qu’il peut neiger autre part que dans les stations de ski (qui paradoxalement, sont en manque). Et l’hiver, c’est aussi la saison des tempêtes à juste titre dénommées « hivernale » !

 

Il convient de noter que les Bretons sont davantage familiarisés avec la seconde option, plutôt qu’aux délices de la grande blanche. Certains se sont même gaussés de l’interdiction de transport scolaire et de la circulation des poids lourds dans tout le Finistère ! Il est vrai qu’en tant que plus grand département français, il a quand même eu sa part de verglas et de poudreuse. Prudence est mère poule, un peu, des fois…

Tempête Goretti

 

Ici, sur notre pointe, il a juste fait frais, un peu d’eau est tombée du ciel, accompagné d’un peu de vent et de pas mal de ciels bleus. J’en ai profité, avec l’Amoureuse, pour faire découvrir aux Allet qui nous rendaient visite, quelques lieux plus ou moins sauvages du coin et que j’affectionne particulièrement. Promesse d’une bonne dose d’air iodé.

Ils sont repartis ce matin après trois jours agréables et sympathiques, juste à l’heure des premières grosses rafales.

 

Tempête Goretti

Vers 16 heures, bravant les conseils (en l’occurrence justifié) de la préfecture de rester enfermé, je suis sorti pour observer le magnifique spectacle. Même si je sais que ce n’est pas prudent, voire inconscient, diront certains, c’est plus fort que moi. Ceux qui me suivent depuis longtemps savent comment  ce genre d’événement météorologique me fascine ! La neige m’excite comme un gamin, avec l’orage, je suis comme aux spectacles et le déchaînement de la tempête, c’est juste grandiose !

Je n’ai pas sorti l’appareil photo, trop risqué. Il faut que je trouve une housse de protection adéquate, parce que, là, je suis un peu frustré.

 

J’ai quand même fait quelques vidéos avec le smartphone, garantie IP68 (étanchéité pour profondeur maximale de 6 mètres pendant 30 minutes maximum, ça devrait le faire !). Le vent dépassait déjà les 100 km/h, et c’était le pied, même si ce dernier avait des fois du mal à contrer la tempête !

Tempête Goretti

En rentrant, je me suis fait un grand café au lait bien chaud et j’ai allumé le poêle.

 

Il est 20 h 30 quand j’ai terminé d’écrire ce billet. Dehors, Goretti est au début de son paroxysme : les sites météo annoncent des rafales à 118 km/h à la pointe de Penmarc’h, à deux kilomètres d’ici. Il fait chaud, l’Amoureuse lit dans son fauteuil et moi, je suis bien.

 

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