Dehors, le vent souffle fort, avec des rafales approchant les 120 km/h. La pluie cingle violemment les vitres ; dedans, il fait bon au coin du feu, j’écoute la maison craquer sous les coups de boutoir d’Éole. Sentiment de sécurité dans ce cocon qu’est notre maison. Le calme intérieur versus la violence de Goretti, première grosse tempête de la saison.
C’est maintenant à notre tour de faire la une météo des chaînes d’info. Depuis trois jours, depuis la pointe occidentale de notre chère Bretonnie, nous avons observé le désordre national causé par une, plus ou moins, fine couche de neige. On oublie vite que l’hiver, il fait froid et qu’il peut neiger autre part que dans les stations de ski (qui paradoxalement, sont en manque). Et l’hiver, c’est aussi la saison des tempêtes à juste titre dénommées « hivernale » !
Il convient de noter que les Bretons sont davantage familiarisés avec la seconde option, plutôt qu’aux délices de la grande blanche. Certains se sont même gaussés de l’interdiction de transport scolaire et de la circulation des poids lourds dans tout le Finistère ! Il est vrai qu’en tant que plus grand département français, il a quand même eu sa part de verglas et de poudreuse. Prudence est mère poule, un peu, des fois…
Ici, sur notre pointe, il a juste fait frais, un peu d’eau est tombée du ciel, accompagné d’un peu de vent et de pas mal de ciels bleus. J’en ai profité, avec l’Amoureuse, pour faire découvrir aux Allet qui nous rendaient visite, quelques lieux plus ou moins sauvages du coin et que j’affectionne particulièrement. Promesse d’une bonne dose d’air iodé.
Ils sont repartis ce matin après trois jours agréables et sympathiques, juste à l’heure des premières grosses rafales.
Vers 16 heures, bravant les conseils (en l’occurrence justifié) de la préfecture de rester enfermé, je suis sorti pour observer le magnifique spectacle. Même si je sais que ce n’est pas prudent, voire inconscient, diront certains, c’est plus fort que moi. Ceux qui me suivent depuis longtemps savent comment ce genre d’événement météorologique me fascine ! La neige m’excite comme un gamin, avec l’orage, je suis comme aux spectacles et le déchaînement de la tempête, c’est juste grandiose !
Je n’ai pas sorti l’appareil photo, trop risqué. Il faut que je trouve une housse de protection adéquate, parce que, là, je suis un peu frustré.
J’ai quand même fait quelques vidéos avec le smartphone, garantie IP68 (étanchéité pour profondeur maximale de 6 mètres pendant 30 minutes maximum, ça devrait le faire !). Le vent dépassait déjà les 100 km/h, et c’était le pied, même si ce dernier avait des fois du mal à contrer la tempête !
En rentrant, je me suis fait un grand café au lait bien chaud et j’ai allumé le poêle.
Il est 20 h 30 quand j’ai terminé d’écrire ce billet. Dehors, Goretti est au début de son paroxysme : les sites météo annoncent des rafales à 118 km/h à la pointe de Penmarc’h, à deux kilomètres d’ici. Il fait chaud, l’Amoureuse lit dans son fauteuil et moi, je suis bien.












