Le calendrier de l’après d’Alana Semaine 6
04/02 : Hurlement
Quand j’étais plus jeune, j’aimais à me promener la nuit, sans lampe ; les yeux s’habituent relativement vite à l’obscurité.
Il fut une époque, où habitant Clamart, il m’arrivait souvent d’aller voir des amis situés de l’autre côté du bois. Selon la saison, il n’était pas rare que la nuit fût déjà tombée lorsque je me décidais à regagner mes pénates. Moyennant un substantiel détour, je pouvais rentrer par des trottoirs bien éclairés, mais, comme dans un conte, je préférais souvent traverser le bois pour vérifier si le loup s’y cachait.
En cette époque, le téléphone dans la poche avec sa petite lampe intégrée n’existait pas et la petite forêt ne disposait d’aucun réverbère. C’est donc souvent que je m’enfonçais dans la profonde noirceur des ombres étranges et mouvantes au souffle du vent, des arbres et arbustes de ce petit bois de Clamart. C’est la nuit que les sons deviennent plus intenses, tant ceux de la ville lointaine que ceux de la nature environnante : le cri d’une chouette, peut-être un hibou, un craquement dans un buisson, ou encore un frémissement indistinct. J’aimais bien cette balade nocturne et sa petite montée d’adrénaline, quand même…
Un soir, alors que j’étais sur ce chemin que je connaissais par cœur, un hurlement, humain, j’en suis certain, surgit de la nuit et me figea le sang. Immobile, tous les sens en alerte, j’essayais de distinguer quelque chose, de déterminer d’où venait ce cri alors que le silence se refaisait…
C’est le cœur battant, toujours aux aguets, que je repris ma route, accélérant le pas.
Le lendemain, je parcourus les journaux locaux, persuadés y trouver un fait divers horrible ; que nenni, rien, nada…
Mais qu’elle était donc ce cri lugubre ?











